La communication associative qui informe… mais ne laisse passer personne.
Dans le monde associatif, la communication joue avant tout un rôle fonctionnel : elle permet d’organiser les activités, de coordonner les personnes engagées et d’assurer que tout le monde dispose des informations nécessaires au bon déroulement des projets. Les messages sont souvent clairs, pratiques et efficaces, pensés pour celles et ceux qui font déjà partie de l’association et qui en connaissent les codes, le fonctionnement et les contraintes.
Prenons un exemple très courant dans une association de théâtre. Un message publié sur les réseaux indique simplement : « Répétition ce jeudi à 20h à la salle communale. Présence importante. » Ce type de communication remplit parfaitement son objectif interne : les comédiens, le comité et quelques proches comprennent immédiatement de quoi il s’agit et savent ce que l’on attend d’eux. Le message circule, mais il circule essentiellement à l’intérieur de l’association, sans réellement toucher celles et ceux qui n’en font pas encore partie.
Pour une personne extérieure, habitante du quartier ou simple amatrice de théâtre, ce message reste opaque. Il ne donne aucune indication sur la nature du projet, sur l’ambiance, sur l’engagement des participants ou sur ce que cette activité apporte au tissu local. Il informe, mais il ne permet pas de comprendre ni d’avoir envie de s’y intéresser, car il ne raconte rien de ce qui se joue réellement derrière la porte de la salle communale.
La même réalité peut pourtant être rendue visible autrement, sans changer ni l’activité ni l’organisation. En présentant les choses différemment, le message devient par exemple : « Tous les jeudis soir, une association de théâtre locale fait vivre la salle communale. Après le travail, des habitantes et habitants s’y retrouvent pour donner forme à un spectacle né de leur passion. En avril, le grand public sera invité à le découvrir. » Les répétitions ont lieu au même moment, dans le même lieu et avec les mêmes personnes, mais le regard porté sur l’activité s’élargit et permet à d’autres publics de comprendre ce qui se passe et pourquoi cela mérite leur attention.
Ce changement de formulation ne transforme pas l’association en produit et ne trahit en rien son esprit. Il rend simplement lisible un engagement déjà existant et permet à des personnes extérieures de se projeter, que ce soit comme spectatrices, soutiens ponctuels, partenaires ou futurs membres. La communication ne se limite alors plus à un outil de coordination interne, mais devient un moyen de créer du lien et d’ouvrir le cercle des personnes concernées.
Beaucoup d’associations hésitent à franchir ce pas, souvent par manque de temps ou par crainte de dénaturer leur démarche, alors qu’il s’agit avant tout d’un léger déplacement du point de vue. Passer d’un message interne à une communication qui s’ouvre ne demande ni plus de publications ni de moyens supplémentaires, mais simplement de penser chaque message comme une porte d’entrée possible pour quelqu’un qui ne connaît pas encore l’association.
Chez Biglord, nous travaillons précisément sur cette transition, en accompagnant les associations dans la transformation d’une communication interne bien maîtrisée vers une communication plus ouverte et plus engageante. L’objectif n’est pas de faire du bruit, mais de permettre à des projets vivants, portés avec conviction, d’être vus et rejoints par tous ceux qui n’attendent parfois qu’un signe pour pousser la porte.